L’acide alpha-lipoïque (ALA) est une molécule naturellement présente dans l’organisme, indispensable au métabolisme énergétique. Ce puissant antioxydant soluble à la fois dans l’eau et les graisses se distingue par ses propriétés multiples, notamment en matière de neutralisation des radicaux libres, de réduction de l’inflammation et de protection des cellules nerveuses. Décryptons ces trois fonctions majeures qui font que l’ALA fait l’objet de nombreuses études prometteuses.
Un antioxydant polyvalent
L’acide alpha-lipoïque se distingue des autres antioxydants par sa capacité unique à agir aussi bien sous sa forme oxydée (ALA) que sous sa forme réduite (DHLA). Cette flexibilité lui confère une grande efficacité dans la neutralisation des radicaux libres et la régénération d'autres antioxydants comme les vitamines C et E.
Neutralisation des radicaux libres
L'ALA et le DHLA piègent plusieurs types de radicaux libres, notamment le peroxynitrite (ONOO−), l'oxygène singulet (1O2) et les radicaux hydroxyles (•HO), les particules réactives les plus dangereuses pour les tissus et les cellules. Une étude a démontré que le DHLA est particulièrement efficace pour inhiber la peroxydation lipidique, qui altère la structure des membranes cellulaires et leur fonction de barrière protectrice.
Régénération des autres antioxydants
Le DHLA restaure la forme active de la vitamine C et permet indirectement de recycler la vitamine E. En outre, il favorise l'augmentation du glutathion réduit (GSH), le principal détoxifiant de l'organisme.
Chélation des métaux lourds
L'ALA et le DHLA possèdent également une capacité à chélater les métaux lourds, tels que le cuivre (Cu2+) et le fer (Fe3+) libres, réduisant ainsi les dommages oxydatifs induits par ces éléments. Cette action protectrice est particulièrement bénéfique pour le cerveau, où l'excès de fer peut favoriser le stress oxydatif, impliqué dans des maladies neurodégénératives telles que la maladie d'Alzheimer et la maladie de Parkinson.
Un puissant anti-inflammatoire
L'inflammation chronique est un facteur que l’on retrouve dans de nombreuses maladies, dont le diabète, les maladies cardiovasculaires et neurodégénératives. L’ALA exerce un effet anti-inflammatoire reconnu en modulant plusieurs voies biologiques clés.
L’ALA inhibe le NF-kB est un régulateur majeur de la réponse inflammatoire, impliqué dans l'activation des cytokines pro-inflammatoires.
L'ALA a également démontré son efficacité pour atténuer l'expression de plusieurs cytokines pro-inflammatoires, notamment le TNF-α et l'interleukine-6 (IL-6). Il favorise en parallèle la production de cytokines anti-inflammatoires, comme l'interleukine-10 (IL-10), contribuant ainsi à un équilibre immunitaire bénéfique. C’est particulièrement important chez la personne âgée à la suite d’une infection virale ou bactérienne, car avec l’âge, le système immunitaire ne parvient pas toujours à mettre un terme à l’inflammation qu’il a créée pour combattre l’infection ; dans de nombreux cas, c’est cette inflammation sans bornes qui conduit aux complications, voire au décès.
En réduisant les niveaux de stress oxydatif dans les cellules endothéliales, l'ALA protège, comme l’ont montré des études, contre les dommages vasculaires et le vieillissement prématuré des vaisseaux sanguins. Son action bénéfique sur la santé cardiovasculaire repose ainsi sur son double effet antioxydant et anti-inflammatoire.
Un neuroprotecteur prometteur
Le cerveau est particulièrement vulnérable au stress oxydatif en raison de sa forte consommation d'oxygène et de sa faible capacité de régénération cellulaire. L'ALA offre une protection neuroprotectrice en agissant à plusieurs niveaux.
Protection contre les neuropathies
Les neuropathies périphériques, fréquentes chez les diabétiques, sont caractérisées par des lésions nerveuses dues à une hyperglycémie chronique. Elles se traduisent par des paresthésies, picotements, pertes de sensations. Des études cliniques ont montré que la supplémentation en ALA améliore les symptômes de la neuropathie diabétique, notamment la douleur, les engourdissements et la sensibilité au chaud et au froid.
Action sur le glutathion et la barrière hémato-encéphalique
L'ALA traverse la barrière hémato-encéphalique et agit sur le métabolisme du glutathion, améliorant ainsi la résistance des neurones aux agressions oxydatives. Cette propriété est particulièrement précieuse pour la prévention des maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson, où le déclin du glutathion joue un rôle central dans la progression de la pathologie.
Effet sur la mémoire et les fonctions cognitives
Certaines études suggèrent que l'ALA pourrait améliorer les performances cognitives en augmentant l'activité de la choline acétyltransférase, une enzyme clé impliquée dans la synthèse de l'acétylcholine, un neurotransmetteur essentiel pour la mémoire et l'apprentissage.
Quelles formes consommer ?
L'ALA est présente sur le marché sous différentes formulations orales qui vont des gélules aux comprimés pelliculés, en passant par la poudre et les liquides. Sous la forme de gélules, les doses vont de 200 à 600 mg par gélule.
L'ALA commercialisé comme complément alimentaire, lorsque ce n'est pas spécifié, est une solution racémique des isomères S et R, tandis que le R-ALA, la forme naturelle de l'ALA biologiquement actif, est généralement lié au sodium (Na-R-ALA).
Certains fabricants assurent que le R-ALA, plus chère, est la forme de complément la plus appropriée, mais en réalité, on ignore si elle est plus adaptée que la solution racémique R-S, plus abordable. En effet le R-ALA, est sujet à la polymérisation et est absorbé dans une proportion encore plus faible que l'ALA racémique.
En fait, comme le souligne un article d’octobre 2024, il a été démontré que la présence de l'énantiomère S dans le mélange racémique empêche dans une certaine mesure la polymérisation du R-ALA, augmentant ainsi sa biodisponibilité. Pour cette raison, écrivent les auteurs, « les meilleurs compléments alimentaires disponibles sur le marché sont représentés par des formes très pures d'ALA racémique R-S afin de maintenir la teneur en polymère à un niveau bas, garantissant une stabilité dans le temps et une absorption optimale. »
Conclusion :
L’acide alpha-lipoïque se distingue par ses propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et neuroprotectrices, en faisant un allié précieux pour la santé cellulaire et métabolique. Son rôle dans la régénération des antioxydants, la modulation de l'inflammation et la protection du système nerveux en font une molécule « couteau suisse » pour l’organisme. Utilisé en complémentation, il peut se révéler bénéfique pour les personnes souffrant de stress oxydatif accru, de neuropathies, ou encore souhaitant optimiser leur bien-être cognitif et vasculaire.
Toutefois, il est conseillé de consulter un professionnel de santé avant d'intégrer l'ALA à son régime quotidien, notamment en cas de pathologies chroniques.
Sources :
Superti F, Russo R. Alpha-Lipoic Acid: Biological Mechanisms and Health Benefits. Antioxidants (Basel). 2024 Oct 12;13(10):1228.
Shay KP, Moreau RF, Smith EJ, Smith AR, Hagen TM. Alpha-lipoic acid as a dietary supplement: molecular mechanisms and therapeutic potential. Biochim Biophys Acta. 2009 Oct;1790(10):1149-60.
Cet article présente les bienfaits potentiels de l’acide alpha-lipoïque sur la base d’études scientifiques rigoureuses et publiées dans des revues spécialisées. Toutes les informations sont issues de sources fiables et récentes, cependant, elles sont fournies à titre informatif uniquement et ne doivent en aucun cas être interprétées comme des conseils médicaux. Avant d’intégrer un complément d’acide alpha-lipoïque à votre routine, il est recommandé de consulter un professionnel de santé, en particulier pour les personnes sous traitement médical, atteintes de pathologies spécifiques ou présentant des conditions particulières (diabète, troubles neurologiques, grossesse, etc.).