Ostéoporose : ce minéral oublié qui pourrait faire la différence

Devant une densité minérale osseuse basse, le médecin prescrira souvent des suppléments de calcium et vitamine D. Mais il peut être plus utile de proposer un autre minéral, trop souvent oublié.

Les femmes (et les hommes) ayant une densité osseuse basse (ostéopénie) ou très basse (ostéoporose) se voient souvent prescrire du calcium et de la vitamine D. Malheureusement, en l’absence de carence, les bénéfices de cette supplémentation sur la prévention des fractures sont limités. Entendons-nous bien : un déficit en calcium ou en vitamine D doit être corrigé. Mais des doses relativement élevées, prescrites au long cours ne semblent pas diminuer les risques de fracture, sauf éventuellement chez les personnes institutionnalisées, en maison de retraite.

L’intérêt pour le calcium a un inconvénient : il occulte les autres pistes de traitement, comme je le montre dans mon dernier livre « Le secret des os solides ». L’une de ces pistes est aussi un minéral, mais mal connu, et que les médecins hésitent souvent à prescrire : le potassium.

Pourtant, les études épidémiologiques et les essais cliniques suggèrent que le potassium (citrate) peut avoir un effet bénéfique sur la santé osseuse, particulièrement chez les personnes âgées et les femmes ménopausées.

 

Pourquoi notre alimentation est trop pauvre en potassium

Pour comprendre pourquoi le potassium peut être intéressant chez certains, il faut se souvenir que la majorité de l’espèce humaine est passée en moins de dix mille ans d'un régime pré-agricole, caractérisé par une consommation élevée de légumes et de fruits et, par conséquent, un apport élevé de potassium, à un régime dit « occidental » marqué par une diminution de l'apport en potassium. Ce régime, riche en sel, sucre et produits céréaliers raffinés a plusieurs conséquences néfastes sur l’os.

Pour commencer, il favorise l’inflammation, qui est l’un des moteurs de la perte osseuse.

Ensuite, il génère une charge acide nette élevée, en raison de la quantité importante de produits céréaliers et de chlorure de sodium. Cette charge acide n’étant pas compensée par une consommation suffisante de potassium, elle peut favoriser un état chronique d'acidose métabolique de bas grade, qui nuit à l’os.

Notre corps maintient en permanence un équilibre acido-basique délicat : le pH du sang doit évoluer dans une plage restreinte, comprise entre 7,35 et 7,45. Plusieurs "gardiens" travaillent ensemble pour maintenir cet équilibre : les reins filtrent et éliminent l'excès d'acides, les poumons rejettent le dioxyde de carbone, les protéines sanguines agissent comme tampons.

 

L’acidose chronique : une menace invisible pour l’os

Quand notre corps accumule trop d'acides, il développe ce qu'on appelle une "acidose métabolique de bas grade". Cette condition peut être exacerbée par le vieillissement qui s’accompagne souvent d’une diminution de la fonction rénale.

L’acidose métabolique affecte le tissu osseux de trois manières :

 par échange ionique à la surface des os ;

 par stimulation des ostéoclastes, les cellules qui détruisent l’os et inhibition des ostéoblastes, les cellules qui forment de l’os nouveau ; 

par augmentation du cortisol, une hormone qui stimule la destruction osseuse, réduit la formation d'os nouveaux et favorise la transformation des cellules osseuses en cellules graisseuses.

Il en résulte une perte de densité osseuse

Un régime occidental typique peut produire 50-70 milliéquivalents d'acides par jour. En revanche, un régime riche en fruits et légumes (par exemple pruneaux, agrumes, oignons, brocoli) peut avoir un effet alcalinisant et protecteur pour les os.

Dans certains cas, des suppléments de citrate de potassium seront utiles pour corriger une acidose métabolique à bas bruit (il existe des contre-indications).